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Le fauteuil hanté

Ce que vous avez sous les yeux est une photo de l'authentique fauteuil hanté ayant appartenu à monsieur Stephenson

Ecrite à Montpellier début décembre 2007, cette nouvelle porte le même titre qu'un roman de Gaston Leroux. Depuis l'affaire du roman de Houellebecq dont le titre - La carte et le territoire - avait déjà servi à un autre auteur resté peu connu, on peut emprunter, réutiliser, user, s'approprier ou voler sans scrupule tout titre d'ouvrage littéraire ayant été déjà utilisé. Je ne donne à lire que les premiers paragraphes de ma nouvelle, sait-on jamais, des fois que Houellebecq passerait par là et aurait d'autres velléités de plagiat plus conséquentes... Humour !

A l'automne 1898, un propriétaire du Vermont faisait visiter une maison secondaire à une locataire potentielle venue de Londres.

— Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? demanda l'homme.

— J'écris, répondit la femme, d'un air de nonchalance mêlé de suffisance.

Pendant quelques secondes l'homme eut une furieuse envie de gifler la femme qui se tenait en face de lui, mobile, regardant ça et là chaque détail de la pièce où ils se tenaient, histoire de lui ramener les deux pieds sur le sol. A vrai dire, il n'avait que faire de ce genre de réponse. Si elle pensait produire quelque effet en annonçant avec ce faux semblant de modestie et de simplicité que la vacuité de son existence l'autorisait à ne rien faire de son temps à part gribouiller des feuilles de papier, peu importe, il n'avait même pas à le savoir. Ce qu'il voulait entendre était tout autre : avait-elle, oui ou non, les moyens de louer cette maison dont il était le propriétaire ? Impatienté, il posa une nouvelle question.

— Le loyer est de cent dollars par mois. Vous pouvez payer ?

— Je pense que oui, répondit-elle évasive tandis qu'elle regardait la vue donnant sur le jardin depuis la fenêtre du salon. Combien cela fait-il en livres sterling ?

De nouveau, le propriétaire fut extrêmement agacé. Cette anglaise et ses airs de bourgeoise lui déplaisaient, mais si elle pouvait payer…

Elle gratifia le petit chien qui trottait derrière elle de quelques caresses, le chiffonnant dans ses mains comme un linge sale et lui parlant d'une voix infantile « Oh, mon Teddy, mon mignon, tu vas être bien là. Mais oui ! Mais oui ! » Et croyant que le propriétaire s'intéressait à l'animal – il regardait plutôt ce manège ridicule avec dédain – elle crut bon de préciser :

— C'est un king charles ! Oh oui, my little boy. Oh oui !

— Bien, dit-il pour écourter ces effusions, je vous demanderai de me payer d'avance les trois premiers mois de loyer. Si vous acceptez, l'affaire est entendue. Donnez-moi trois cent dollars et vous pouvez vous installer dès à présent.

La demande de l'homme lui semblait claire et intelligible, à proportion qu'il était pragmatique. Pourtant la dame anglaise, singulièrement distraite et versatile, tout occupée qu'elle était à inspecter les moindres détails du nouveau logis qu'elle s'apprêtait à choisir, allait le forcer à se répéter :

— Vous disiez ?

Le propriétaire, à bout, abandonnant toute courtoisie, claironna :

— Trois cent dollars ! Donnez-moi trois cent dollars et vous pouvez vous installer !

L'anglaise, qui écrivait des romans sentimentaux, perçut enfin au ton de la voix de l'homme qu'il était à bout de patience, cessa de papillonner, fouilla dans son sac dont elle sortit une liasse de livres anglaises et affirma avec candeur :

— Je suis conquise ! Je tiens absolument à louer votre maison de campagne. Voilà votre avance. N'importe quelle banque fera le change.

L'homme vira au rouge, non qu'il soit confus : il était vraiment exaspéré par ce petit oiseau pépiant et sautillant qui ne l'écoutait décidément pas. Il se contint, pour lâcher d'une traite un semblant d'accord :

— Bon écoutez, ici vous n'êtes plus en Angleterre, gardez vos livres sterling, faites le change vous-même, je reviendrai prendre mes trois cent dollars demain sans faute.

Sur ce, il fila, n'en pouvant plus, se félicitant de ne plus avoir dans son champ de vision cette incroyable tête à claques.

...

 

Hervé Sors

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