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Noël sous la neige

J'ai écrit la nouvelle qui suit à Montpellier fin novembre 2007.Avant de lire cette nouvelle, lisez ces définitions : Petit Larousse 1998 : fenian,e adj. et n. HIST. Relatif au mouvement de la Fraternité républicaine irlandaise. Larousse universel en deux volumes 1909 : fénian ou fenian n.m. Membre d'une association révolutionnaire irlandaise, formée en 1861 dans le but d'arracher l'Irlande à la domination anglaise, et qui s'est répandue jusqu'en Amérique. Elle se signala, de 1865 à 1868, par de nombreux incendies et attentats contre les fonctionnaires anglais.

C'est en larmes que les parents du petit Joseph Cavendish, né le six avril de l'année 1895, lui annoncèrent qu'ils allaient passer Noël à Nice, selon sa volonté. L'enfant crut à des larmes de joie. Depuis que sa mère lui avait lu Voyage avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson, l'enfant voulait à tout prix aller dans le sud de la France. Il avait vu des illustrations de la Promenade des Anglais et il était fasciné. Céder aux caprices d'un enfant n'est peut-être pas une chose à faire en temps normal mais il se trouvait qu'à leurs yeux la situation n'avait déjà plus rien de normal, et ce depuis que plusieurs spécialistes qu'ils avaient consulté relativement à l'état de santé de leur fils avaient diagnostiqué une tuberculose. En somme, les Cavendish accordaient par avance à leur fils unique, sans qu'il le sache lui-même, ses dernières volontés.

Ils firent en famille un beau voyage. Le Pebble, modeste voilier, les mena du Pays de Galles jusqu'à Biarritz en peu de temps. De là, ils auraient pu cheminer à travers le sud de la France jusqu'à leur destination, mais en véritable anglais, Cavendish père préféra prendre un autre bateau, le Peculiar, en partance pour Nice et croisant Gibraltar.

Quelques jours avant Noël, ils arpentaient donc ensemble, simulacre de famille heureuse, la Promenade des Anglais.

Le petit Joseph était assez vif, malgré sa maladie, et enthousiaste. Quand il remarqua, assis sur un banc, un homme doté d'une impressionnante barbe couleur carotte, il exulta : « Maman, papa, regardez le monsieur ! C'est Barberousse ! » A quoi le monsieur répondit, jovial : « Barberousse était turc ! Je suis irlandais, petit ! » Et le père de calmer le jeu : « Chut ! Joseph ! »

Monsieur Cavendish avait loué une belle villa et quelques servantes indigènes prenaient grand soin d'eux, s'occupant du ménage, des courses et des repas. La journée type du petit Joseph consistait en un lever assez matinal, une toilette rigoureuse, un petit déjeuner avec œufs et bacon ou tartines beurrées trempées dans du lait chaud à la française, une lecture faite par maman dans le jardin de la villa tandis que l'enfant jouait ou écoutait avec attention, suivait ensuite un copieux repas de midi, une sieste, et de nouvelles lectures ou une balade dans la ville ou sur la promenade de bord de mer. Le soir venant, un dernier repas léger était pris en famille et le petit Joseph était toujours bordé avec soin par sa mère attentionnée avant de s'endormir et de voir venir un jour nouveau assez semblable au précédent.

Ce quotidien très ritualisé n'était qu'à peine ponctué par de méchantes quintes de toux sèche qui laissaient présager de la montée en force de la maladie chez l'enfant.

Le père, constamment préoccupé par ses affaires que des télégrammes et des courriers venaient lui rappeler même en ces lieux de villégiature, n'accompagnait que très rarement son fils et sa femme dans leurs flâneries.

Le petit Joseph convint que la Promenade des Anglais était son parcours préféré. La mère l'emmena donc bientôt quotidiennement là où le petit Joseph pouvait s'extasier à l'envi sur la flore du sud de la France, notamment les palmiers, au point de s'imaginer être presque en Afrique. Un autre sujet de satisfaction de l'enfant était l'irlandais à la barbe orange qu'ils croisaient souvent. L'enfant faisait beaucoup rire ce dernier en l'appelant toujours « Barberousse ! Barberousse ! »

Comme la mère fut amenée plusieurs fois à réitérer des excuses au barbu pour faire pardonner les moqueries puériles de son fils, elle engagea la conversation avec ce monsieur qui parlait l'anglais sans trop d'accent et apprit qu'il était originaire des environs de Galway mais faisait en temps normal profession d'imprimeur à Dublin.

Peu avant le vingt-cinq décembre, le petit Joseph s'inquiéta de savoir s'il y allait avoir de la neige le jour de Noël. Ses parents lui expliquèrent qu'il était peu probable qu'il neige dans le sud de la France. On ne pouvait tout avoir : il avait voulu voir Nice et maintenant il voulait de la neige pour Noël ? C'était bien digne des caprices du petit Joseph mais il ne fallait tout simplement pas y compter. Et pourtant, par une chance incroyable, les désirs du petit Joseph furent satisfaits : au matin du vingt-cinq décembre 1900, quand l'enfant se réveilla et alla à la fenêtre, le jardin, les palmiers, les chênes verts, tout était couvert d'une bonne couche de neige. L'enfant dégringola les escaliers et cria de joie jusque dans la chambre de ses parents qu'il éveilla pour leur montrer la neige au dehors. Il fit ce jour-là une balade plus agréable que jamais sur une Promenade des Anglais au visage pour le moins inhabituel, puis le soir vint, un bon réveillon fut savouré dans l'intimité familiale et le petit Joseph fut couché un peu plus tard que d'habitude. Le lendemain, il n'y avait déjà presque plus de neige, mais ça n'avait pas d'importance pour le petit Joseph car il était tout entier accaparé par ses cadeaux de Noël qu'il venait de découvrir : un très beau cheval à bascule, un bilboquet, et un roman d'aventure de Stevenson que sa mère ne lui avait pas encore lu, L'île au trésor , qui promettait d'être passionnant.

Après Noël, il revirent le monsieur irlandais, à qui le petit Joseph n'hésita pas à tirer la barbe en riant. Ce monsieur était cordial et charmant, extraverti mais sans exubérance. Il était là pour soigner une tuberculose, car chacun sait que le grand soleil et le grand air ont un effet souverain sur cette maladie et en atténuent rapidement les symptômes. Sa maladie n'enlevait rien à sa gaieté naturelle et à sa bonhomie. Il était prolixe sans être bavard car il savait écouter aussi, et tandis que le petit Joseph jouait avec d'autres enfants croisés sur le bord de mer, face à la baie des Anges, il ne put que s'émouvoir quand cette mère attentive lui annonça que son fils était comme lui – mais si jeune ! – atteint de tuberculose.

La mère ayant parlé de son enfant que la mort guettait devint songeuse, regarda la mer puis pleura, ajoutant entre deux sanglots : « La baie des Anges ! Mon Dieu ! Mon enfant en sera un bientôt… » A quoi le monsieur irlandais répondit : « Si je puis me permettre, vous faites doublement erreur, madame, d'une part il n'est pas dit que votre fils n'ait droit à une rémission, d'autre part, les pécheurs de la ville ont nommé cette baie « baie des Anges » parce que une sorte de requin que l'on y trouve en abondance se nomme le squatina angelus , c'est un petit squale aux ailerons en forme d'ailes que les pécheurs remontent quelquefois dans leurs filets. »

La mère éplorée séchant tout juste ses larmes, le monsieur poursuivit la discussion, pour combler le silence : « Et savez-vous que la Promenade des Anglais tient son nom du Camin dei Anglés  ? Les niçois ne sont français que depuis 1860. Un protectorat anglais eût été envisageable… Non, je plaisante ! » Mais déjà la mère allait mieux et l'irlandais jugea qu'il avait assez parlé.

Comme le petit Joseph avait cessé de jouer avec les autres enfants et se rapprochait de sa mère, l'irlandais lui dit : « Alors tu es malade, toi aussi ? Ne t'en fais pas, petit, et suis bien ces trois règles : Un, vivre à l'air pur ! Deux, bien se reposer ! Trois, bien se nourrir ! Il n'y a que ça ! »

La mère quitta ce monsieur bien aimable non sans l'avoir invité à manger à leur villa un de ces soirs.

Le petit Joseph et sa maman revirent quotidiennement l'irlandais à l'heure de la promenade et discutaient volontiers tous deux avec lui.

Au soir convenu, monsieur Sean Harrington, c'est ainsi que se nommait l'irlandais, se présenta à la villa louée par les Cavendish. Il fut débarrassé de son manteau par une servante puis conduit auprès de ses hôtes et présenté à monsieur Cavendish qu'il n'avait aperçu qu'une fois. Celui-ci s'excusa : « Je suis directeur de banque et à ce titre, même éloigné de mon travail à Cardiff, je dois malgré tout m'occuper par courrier de certaines affaires courantes, c'est pourquoi il est rare que j'accompagne Elizabeth et Joseph dans leurs balades. » Curieux, il demanda : « Et vous, monsieur, que faites-vous dans la vie ? » Et il l'écouta tout en lui proposant un apéritif local. Puis il passèrent à table.

Une niçoise potelée leur amena de quoi contenter les plus fins gourmets et les servit toujours avec déférence.

La conversation courut sur l'Irlande. Le petit Joseph, qui avait bu les paroles du Barberousse irlandais tous ces jours-ci demanda soudain à son père : « Papa, pourquoi l'Irlande n'est pas aux irlandais ?! » A quoi son père, légèrement irrité, répliqua : « On ne s'occupe pas de politique à ton âge. », puis s'adressant à son invité sur un ton d'inquiétude : « Mais qu'avez-vous mis en tête à mon fils ? Vous n'êtes pas un de ces fenians indépendantistes, j'espère ? »

Monsieur Harrington, imprimant sur son visage un sourire blasé, le rassura d'un mouvement de tête de gauche à droite et dit : « Je n'ai pas d'intérêt à cette cause, je suis contre les dissensions… », et levant son verre – qui contenait un bon vin français – il déclama : «  Rule Britannia !  » Monsieur Cavendish apprécia le geste, il leva son verre à son tour et répéta avec ferveur : «  Rule Britannia !  », puis but son verre d'un trait.

Dans son enthousiasme il ne remarqua pas que l'irlandais avait reposé son verre sans y toucher, sans toutefois cesser de sourire mais cette fois avec une discrète expression d'ironie.

Cependant, cette gaieté générale troubla la mère du petit Joseph, qui se sentit coupable de tant de légèreté alors que son fils risquait de mourir de la tuberculose dans les prochains mois. De gaie, elle passa à triste et même ne put contenir ses larmes. Honteuse, elle quitta la table précipitamment et monta à l'étage pour cacher sa douleur. Le petit Joseph ne comprit pas ce mouvement d'humeur : « Qu'est-ce qu'elle a, maman ? », demanda-t-il ? « Ce n'est rien, dit le père, la mâchoire serrée, la fatigue de la journée. »

L'enfant demanda la permission de quitter la table, ce qui lui fut accordé, et courut chercher le bilboquet offert par ses parents à Noël pour le montrer à monsieur Harrington et tenter de le convaincre de sa dextérité.

Le père, les dents toujours serrées, dit en confidence à Harrington : « Un enfant de cinq ans… », il ne put achever sa phrase, serrant encore plus les mâchoires, visiblement ému.

Harrington suggéra : « Pensez au présent. Il est là aujourd'hui. Profitez-en ! » Il préféra ne rien ajouter, de peur de dire une parole malencontreuse.

La mère fit une timide réapparition pour coucher Joseph puis s'excusa. Harrington prit congé et remercia les Cavendish pour cette soirée.

Le lendemain, le père se joignit à sa petite famille dans leur balade quotidienne, et quand ils rencontrèrent Harrington il lui dit fièrement : « Voyez, le conseil a porté : je profite du présent ! » Ils bavardèrent aimablement ce jour-là.

Malgré cela, dans les jours suivants, le père dut travailler de nouveau et cessa de se promener.

Harrington profita de ce que madame Cavendish s'entretenait avec un couple d'anglais qu'elle venait de rencontrer pour dialoguer en tête à tête avec le petit Joseph. Il lui dit ceci : « Joseph, écoute-moi bien ! Je vais te dire quelque chose d'important. Tu tousses… Comment dire… Tu tousses un peu trop à mon goût pour un si jeune enfant. Tu tousses d'une toux sèche, brève, un peu convulsive, n'est-ce pas ? Eh bien, vois-tu, il faut que tu t'imagines que quand tu tousses, c'est le diable qui frappe à ta porte pour que tu lui ouvres car il veut t'emporter avec lui. Sois courageux. Reste sourd à ses appels. Le diable sent la peur et plus tu auras peur plus il cognera à la porte avec insistance. Si tu n'as plus peur, si tu es plein de courage, le diable cognera moins à la porte, puis il cessera tout à fait et partira frapper chez quelqu'un d'autre et tu seras délivré de ton mal. »

Le petit Joseph avait écouté ces paroles avec attention, il fronça alors les sourcils et dit : « Mais m'sieur Barb'rouss' alors si quand je touss' c'est le diable qui frappe à la porte, si je prie Dieu, est-ce qu'il va partir ? »

Harrington, décontenancé par cette conclusion partit d'un grand rire et répondit : « Eh ! Pourquoi pas ! ça peut aider, oui ! Eh eh eh ! Tu es un bon petit gars ! »

Et comme madame Cavendish avait fini de s'entretenir avec le couple anglais et les rejoignait, il leur souhaita une bonne journée et leur dit : « Sans doute à demain ! »

Exceptionnellement ce jour-là, la balade se prolongea un peu car le petit Joseph, à la vue d'une église qu'ils avaient jusque-là ignorée, dit à sa mère : « M'man, je veux aller dans l'église pour prier Dieu ! » La mère, qui était protestante et pratiquait modérément la religion ne vit là qu'un caprice de plus et accéda à la requête de son fils sans sourciller. Ils entrèrent donc dans l'église. Là, le petit Joseph admira les vitraux, les rangées de chaises en bois, l'autel, et faisant le tour de l'église il se répéta mentalement « Tu peux toujours cogner à ma porte, diable, maintenant je n'ai plus peur et en plus Dieu il est avec moi ! »

Le soir venu, à table, quand la mère fit mention du fait que le petit Joseph et elle avaient visité une église le père ne dit rien, à peine leva-t-il un sourcil en signe de tiède étonnement. Mais quand le petit Joseph précisa : « C'est Barberousse, il m'a dit quand tu tousses c'est le diable qui frappe à ta porte et si toi tu l'écoutes pas et que tu parles à Dieu alors le diable il s'en va ! »

Le père manqua de s'étouffer et se fâcha, il lâcha un peu fort : « Comment ? Quoi ? Mais !? Ah, maudit catholique irlandais ! J'aurais dû m'en douter… Joseph, monte dans ta chambre ! » et continuant à part, à l'adresse de sa femme : « Non mais, Elizabeth, là, ce monsieur Harrington dépasse les bornes ! Parler de diable et de Dieu à notre fils ! Damné catholique irlandais ! Et il vous a dit d'aller à l'église ?! De prier Dieu pour le rétablissement de Joseph ? Enfin croit-il qu'une simple prière va guérir notre fils d'une telle maladie ? Satané catholique irlandais ! Cesse de parler avec ce… malveillant personnage ! Tu m'entends ? Ne lui parle plus ! Je ne veux plus qu'il voie notre enfant ! Une prière ! Mécréant ! »

Sa femme eut beau tenter de convaincre monsieur Cavendish que l'enfant avait dû mal comprendre ce qu'avait pu lui dire l'irlandais, le père continua de l'enjoindre à ne plus lui parler et même à tout faire pour l'éviter.

Dans les jours qui suivirent, madame Cavendish et son fils changèrent de parcours de promenade et conséquemment ne croisèrent plus monsieur Harrington.

Cependant, les jours passaient et la mère remarqua que son fils se remplumait… et ne toussait plus ! Elle fit venir à la villa un médecin consultant et celui-ci ayant examiné le petit conclut qu'il n'avait rien et qu'il ne se pouvait tout simplement pas qu'il ait eu la tuberculose. La mère s'évanouit. Le père resta sans voix. On ranima la mère et le couple tâcha de se faire à l'idée que tout cela n'était pas une mauvaise plaisanterie.

Dans la semaine qui suivit, les Cavendish durent composer avec cette nouvelle que leur fils était rétabli et désormais bien portant et ils passaient plus de temps encore à se convaincre que c'était bien la réalité qu'à se réjouir.

Au bout d'un moment, il se fit jour dans l'esprit de Cavendish père que, quoiqu'ait pu dire l'irlandais, ses paroles n'avaient finalement rien de déplacé puisque l'enfant avait guéri. Quant à croire à un miracle…

Les Cavendish reprirent ensemble le chemin de la Promenade des Anglais, comme on va à confesse pour avouer un péché honteux, et quand ils virent Harrington, toussant sur un banc, un mouchoir taché de sang à la main qu'il cacha bien vite dans une poche, ils s'en voulurent de s'être écartés de cet être somme toute délicat et aimable et s'enquirent de sa santé avec empressement, puis ils lui annoncèrent la bonne nouvelle : la guérison de leur fils, la qualifiant de miraculeuse et ne sachant plus très bien à ce moment s'ils ne devaient pas quelque chose à Harrington et s'ils n'avaient pas contracté auprès de lui quelque dette surnaturelle.

Harrington fut simplement heureux pour l'enfant, enjoué, et ne donna en rien l'impression qu'il réclamait quelque chose en retour des étranges conseils qu'il avait donnés à l'enfant et qui semble-t-il avaient porté leurs fruits.

Cependant, quand il ne put contenir une vilaine quinte de toux, les parents furent tout ouïs à ce que le petit Joseph lui dit : « N'ayez pas peur, m'sieur Barberousse, ça a marché ce que vous m'avez dit : le diable va bientôt plus cogner à votre porte si vous avez pas peur ! »

A quoi Harrington répondit : « Hrrrum, oui petit, mais c'est que, vois-tu, en fait je suis moins courageux que toi, hrrrum, j'ai bien peur de continuer d'avoir peur… Mais… Tu peux peut-être faire quelque chose pour moi, toi qui es un petit gars courageux : tu veux bien prier pour que le diable aille frapper à une autre porte que la mienne ? Je ne sais pas moi… à la porte de la reine Victoria, par exemple…

— Promis !, répondit le petit Joseph.

Cette fois, monsieur Cavendish ne se formalisa pas des paroles de l'irlandais, le considérant comme perdu et ayant pour lui de la pitié.

Le petit Joseph quitta monsieur Harrington en lui disant de ne pas s'inquiéter, ce qui était très touchant venant de la bouche d'un enfant de moins de six ans.

Les Cavendish, que la santé de leur fils rétabli ne retenait plus dans le sud de la France, décidèrent de rentrer au Pays de Galles, dans leur belle ville de Cardiff, et ne manquèrent pas de dire adieu à Harrington avant leur départ.

Epilogue : Le vingt-deux janvier 1901, la reine Victoria mourait de sa belle mort, âgée de quatre-vingt un ans. Son enterrement donna lieu à de grandes cérémonies. Elle fut enterrée dans un cercueil blanc.

Seul un petit garçon gallois de moins de six ans, Joseph Cavendish, vivant à Cardiff, eût pu dire si elle aurait pu vivre plus longtemps dans d'autres circonstances, car qui sait si le diable n'était pas allé toquer à la porte de la reine…

Quant à Sean Harrington, le jour où l'on enterrait la reine Victoria il était à Belfast, bien portant, en compagnie d'amis de longue date, et il porta un toast en gaélique : «  Saor Eire !*  »

Cette fois, son sourire n'était pas narquois mais plein d'espérance.

* Irlande libre !

 

 

Hervé Sors

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