Nous sommes nombreux à avoir envie de franchir le pas de l’écriture de roman.

Nous lisons romans sur romans, contes et nouvelles, et un jour, à l’occasion d’un concours ou d’un appel à texte, on se dit « Pourquoi pas moi ? »

Écrire une nouvelle c’est faisable. Mais un roman… Souvent, on rêve de le faire mais on ne s’y met jamais. On se dit qu’on n’a pas le temps. On ne se donne pas le temps. On ne réalise pas que c’est une question de volonté motivation et d’organisation. Est-ce que tu veux juste continuer de rêver ton roman idéal sans jamais lui donner corps ?

Et puis, tu entends parler du NaNoWriMo, et si tu fais les choses bien, tu lis le bouquin de Chris Baty : Écrivez un roman en 30 jours.

C’est ce que j’ai fait à la fin de l’été 2017, et là, je me suis dit : «  Ce gars a tellement raison ! Il faut arrêter de tergiverser, il faut cesser de remettre son rêve à demain, il faut y aller. Je vais participer au NaNoWriMo. Je vais me mettre au défi d’écrire un roman en un mois ! »

Alors, me concernant, je n’étais pas né de la dernière pluie, j’avais déjà écrit un premier roman en 2002, mais il m’avait fallu plusieurs mois pour l’écrire, j’avais fait des fiches personnages, et tout et tout.

Là, avec le NaNoWriMo, tu te fixes un objectif de dingue, il faut le dire. Qui écrit un roman en un mois ?! A part les nanoteurs ? (Wrimos en anglais)

Pour y avoir participé deux fois déjà, je suis maintenant conscient qu’en bout de course, à la fin du mois de novembre, tu te retrouves plus honnêtement avec un bon premier jet de roman qu’avec un roman tout à fait abouti. Il y a souvent pas mal à ajouter ou/et à corriger, si ce n’est une fin à trouver et une intrigue à revoir.

Alors, oui, il y a ceux qui improvisent et ceux qui planifient. Pour ceux qui planifient (les planners, je les déteste !), le résultat final doit être plus probant. Pour ceux qui improvisent (les pantsers), dont je fais partie, le manuscrit fait un peu sa vie et manque de consistance, faute d’une intrigue solide.

Mais tout l’intérêt de l’exercice est là : s’être lâché, avoir écrit, et se rendre compte par l’expérience… eh bien qu’écrire, c’est du boulot, mon p’tit pote (ou ma p’tite poulette, si tu es une fille) !

Pour résumer, pas besoin d’une liste de conseils pointilleux pour te pousser à profiter de l’occasion du NaNoWriMo pour écrire une bonne centaine de pages.

Il y a juste à retenir trois points :

Premièrement, tu te mets la pression avec une échéance à court terme (la fameuse deadline).

Deuxièmement, et c’est très important : tu dois absolument cesser pendant un mois d’utiliser ton esprit critique, ton « éditeur intérieur », qui habituellement te dicte ce qui est bien et ce qui ne l’est pas dans ce que tu écris. Tu dois te lâcher les baskets, désinhiber ton écriture.

Et troisièmement, tu peux compter sur l’effet d’émulation. Et pour ce faire, pas forcément besoin de rencontrer physiquement les autres nanoteurs dans ta ville, tu peux le faire sur les forums, réseaux… ou pas du tout. Personnellement, le seul fait de savoir que plein d’autres personnes écrivent en même temps que moi pendant tout le mois de novembre me suffit. Je ne suis guère sociable et je n’ai pas cherché à m’incruster à une réunion de nanoteurs IRL (un  write in).

Pour ceux qui ne comprennent pas cette obsession de compter le nombre de mots que l’on écrit chaque jour, je profite de cet article pour leur expliquer l’intérêt de la chose. Cela découle de la pratique du NaNoWriMo : il faut écrire en quantité et ne pas se soucier de la qualité de ce que l’on écrit. C’est un point important du processus : pour être créatif, il faut écrire sans frein. Alors, oui, il faut se poser tout un tas de questions pour faire progresser son histoire, genre « Et qu’est-ce qui va se passer maintenant ? », mais pas des questions qui pourraient freiner la fluidité de l’écriture (exemple de question à bannir  « Est-ce que c’est bien, ce que je viens d’écrire ou pas ? »). Tout mot est bon à prendre : il ne faut jamais effacer ce que tu viens d’écrire (au pire, tu peux barrer tes digressions dans ton traitement de texte).

Voilà la recette du NaNoWriMo résumée. Ne me remerciez pas. Remerciez plutôt Chris Baty et si vous n’avez pas lu son livre, lisez-le parce qu’il explique tout ça beaucoup mieux que moi, en long et en large, et particulièrement la manière de se ménager du temps dans son agenda pour écrire.

Que dire de plus ? Ça marche ! En novembre 2017, je participais à mon premier « NaNo » et j’en sortais finalement gagnant, avec un tel sentiment de joie que seul le nanoteur (la nanoteuse) victorieux(se) connaît. On ne va pas se mentir : dans l’euphorie, tu te vois déjà avec le prochain prix Goncourt !

J’ai écrit absolument tous les jours du mois de novembre 2017 et c’était un révélateur : si tu t’astreins à une routine quotidienne d’écriture, tu as des résultats, tu te retrouves avec un manuscrit ; et si tu as une imprimante chez toi – ô joie – tu as sous tes yeux le fruit de ton travail et c’est totalement jouissif. Et après tu peux le filer à lire à tes amis.

Quand on l’a fait une fois, on y prend goût. Et j’ai donc remis ça en novembre 2018. Nouveau succès, mais cette fois –ci, mon manuscrit n’avait pas de fin.

Et nous voilà en novembre 2019 ! A nous, les belles sessions d’écriture devant notre ordi (ou cramponné à une feuille avec un stylo, pourquoi pas ; je combine parfois les deux), le soir, avec une boisson chaude pas loin (l’an dernier je tournais au chocolat chaud, cette année ce sera plutôt tisane nuit tranquille, pour réussir à m’endormir ensuite…).

Celles et ceux qui participent au NaNo savent tous de quoi je parle. Pour les autres, je ne peux que vous inviter à vous lancer à votre tour une prochaine fois. Et, à vrai dire, la recette peut être appliquée en solo à tout moment de l’année.

Au moment où j’écris ces lignes, je ne me suis pas encore lancé dans l’écriture de mon projet pour le NaNoWriMo 2019, mais l’heure approche. Cette année, je pars sur un vieux projet de science-fiction jamais développé. Mon idée de départ est la suivante : un groupe de jeunes adultes est recruté pour participer à une expérience scientifique qui va leur permettre d’accroître leur créativité.

Comme le temps passe : cette année 2019, ça fait déjà vingt ans que Chris Baty et ses potes se lançaient pour la première fois dans ce défi fou d’écrire un roman en un mois. Eh oui, les gars, 1999, c’est bien loin, mais cette année-là, vous l’avez fait, et ça doit être un souvenir impérissable.

Mais revenons au présent. Il est temps de s’y mettre.

Écrivez bien, toutes et tous !

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